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Le maître d’œuvre est le professionnel mandaté par un particulier ou une entreprise pour piloter un projet de construction ou de rénovation, de la première esquisse jusqu’à la remise des clés.
Son périmètre d’intervention varie considérablement selon le contrat signé : il peut se limiter à la conception des plans, ou couvrir l’intégralité du projet, de la sélection des artisans au contrôle final des ouvrages. À titre d’exemples, un maître d’œuvre en mission complète prend en charge la constitution du dossier de permis de construire, la rédaction des documents techniques, la mise en concurrence des entreprises du BTP, le suivi hebdomadaire du chantier et la réception des travaux avec liste de réserves.
Cet article détaille l’ensemble des missions qu’un maître d’œuvre peut gérer, du premier crayon posé sur le papier jusqu’aux derniers finitions vérifiées. Vous trouverez également un tableau récapitulatif des phases de mission pour comprendre ce que couvre chaque étape de l’intervention.

Quelles sont les missions d’un maître d’œuvre ?

Les missions d’un maître d’œuvre s’enchaînent dans un ordre logique, de la phase de conception jusqu’au suivi terrain, et chacune correspond à une étape précise du projet de construction ou de rénovation. Voici le détail de chaque intervention possible, telle qu’elle figure dans les contrats de maîtrise d’œuvre en France.

L’esquisse et l’avant-projet sommaire (ESQ / APS)

L’esquisse constitue la toute première phase de travail : le maître d’œuvre traduit les besoins du client en une ébauche graphique, avec les grandes orientations du projet (surface, implantation sur le terrain, organisation des pièces). Cette étape débouche sur un premier chiffrage très approximatif, souvent exprimé en fourchette de coût au mètre carré selon la nature des travaux envisagés.
L’avant-projet sommaire (APS) va plus loin : les plans deviennent lisibles, les contraintes techniques majeures sont identifiées (type de fondations, structure porteuse, accès au réseau), et l’estimation budgétaire se précise à plus ou moins 15%. Sur un projet de maison individuelle de 120 m² en région parisienne en 2025, l’APS permet déjà de savoir si le budget du client (souvent entre 180 000 et 280 000 € pour ce type de construction) tient la route avant d’investir davantage dans les études.

L’avant-projet définitif (APD)

L’avant-projet définitif marque la fin de la phase de conception : tous les plans sont arrêtés dans leurs grandes lignes, les matériaux principaux sont choisis (type de charpente, nature des menuiseries extérieures, mode de chauffage), et l’estimation budgétaire atteint une précision de plus ou moins 10%. C’est à partir de l’APD que le maître d’œuvre rédige les premières pièces techniques nécessaires au dépôt d’un permis de construire ou d’une déclaration préalable de travaux.
Cette phase est déterminante pour la suite du projet : un APD bâclé génère des erreurs en cascade sur toutes les phases suivantes, du dossier administratif aux devis des entreprises. Le client valide formellement l’APD par signature avant que le maître d’œuvre ne passe à l’étape suivante.

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La constitution du dossier de permis de construire (PC)

Le dossier de permis de construire regroupe l’ensemble des pièces graphiques et administratives exigées par la mairie pour autoriser les travaux : plans de masse, coupes, façades, notice descriptive, insertion dans le paysage environnant, et formulaire CERFA n° 13406 pour les maisons individuelles. Le maître d’œuvre constitue ce dossier, le dépose en mairie (ou en ligne sur le guichet numérique des autorisations d’urbanisme depuis 2022), et assure le suivi de l’instruction pendant le délai légal de deux mois pour une maison individuelle (trois mois pour un projet en secteur protégé).
En cas de demande de pièces complémentaires par le service instructeur, le maître d’œuvre répond dans les délais impartis pour éviter une décision de rejet. Cette mission nécessite une bonne connaissance du Plan Local d’Urbanisme (PLU) de la commune concernée, dont les règles varient d’une ville à l’autre.

La rédaction des documents techniques et l’assistance aux contrats (PRO / ACT)

Une fois le permis de construire obtenu, le maître d’œuvre rédige le dossier PRO : plans d’exécution détaillés, descriptifs techniques par lot (gros œuvre, charpente, électricité, plomberie, isolation, menuiseries), et cahier des clauses techniques particulières (CCTP). Ce dossier sert de base aux appels d’offres envoyés aux entreprises du BTP pour chiffrer les travaux.
La mission ACT (Assistance aux Contrats de Travaux) consiste ensuite à analyser les devis reçus, à vérifier leur cohérence avec les documents techniques, et à proposer au client un tableau comparatif des offres pour chaque lot. Sur un chantier de construction neuve, le maître d’œuvre consulte en moyenne 3 à 5 entreprises par lot, soit une vingtaine de devis à analyser au total, un travail représentant plusieurs dizaines d’heures d’expertise.

La direction de l’exécution des travaux (DET)

La DET est la mission la plus visible du maître d’œuvre aux yeux du client : elle couvre toute la phase de chantier, du premier coup de pelle jusqu’à l’achèvement des finitions. Concrètement, le maître d’œuvre visite le chantier à chaque étape charnière (implantation, fondations, dalle, hors d’eau hors d’air, second œuvre), rédige des comptes-rendus de visite hebdomadaires, émet des ordres de service aux entreprises en cas de non-conformité, et contrôle les situations de travaux avant de les valider pour paiement.
Sur un chantier de maison individuelle de 8 à 12 mois, cela représente entre 30 et 50 visites de chantier, chacune donnant lieu à un document écrit traçant l’avancement et les observations. Le maître d’œuvre en DET constitue le filet de sécurité technique du client, qui n’a généralement pas les compétences pour détecter seul un défaut d’aplomb, une isolation insuffisante ou une mauvaise mise en œuvre des étanchéités.

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Est-ce qu’un maître d’œuvre réceptionne aussi les travaux ?

Oui, la réception des travaux fait partie intégrante du périmètre d’intervention d’un maître d’œuvre lorsque la mission AOR (Assistance aux Opérations de Réception) lui est confiée. Cette phase se déroule en fin de chantier, lors d’une visite contradictoire en présence du client (maître d’ouvrage), du maître d’œuvre et des représentants de chaque entreprise ayant travaillé sur le projet.

Lors de cette visite, le maître d’œuvre parcourt l’ensemble de l’ouvrage avec une liste de contrôle technique : il vérifie la conformité des travaux exécutés par rapport aux documents du marché, relève les malfaçons visibles, les défauts de finition et les non-conformités, et les consigne dans un procès-verbal de réception assorti d’une liste de réserves. Chaque réserve indique précisément la nature du désordre constaté, le lot concerné, et le délai accordé à l’entreprise pour y remédier (en général 30 à 90 jours selon la nature de la reprise à effectuer).

La signature du PV de réception déclenche plusieurs garanties légales fondamentales pour le client : la garantie de parfait achèvement (1 an, couvrant tous les désordres signalés à la réception ou apparus dans l’année suivante), la garantie biennale (2 ans, couvrant les éléments d’équipement dissociables comme les volets, robinets, radiateurs), et la garantie décennale (10 ans, couvrant les désordres compromettant la solidité de l’ouvrage ou le rendant impropre à sa destination).
Le maître d’œuvre conseille systématiquement au client de ne pas signer le PV de réception sans réserves si des défauts visibles subsistent, car une réception sans réserve ferme définitivement certaines voies de recours. Après la levée de l’ensemble des réserves, le maître d’œuvre rédige un certificat de levée de réserves, document qui clôt officiellement sa mission et libère le solde de ses honoraires.

Conclusion

Les missions d’un maître d’œuvre couvrent un spectre très large : de l’esquisse initiale au permis de construire, du dossier d’appel d’offres au suivi hebdomadaire du chantier, et de la coordination des artisans à la réception des ouvrages avec liste de réserves. Chaque mission correspond à une phase précise du projet, contractualisée en amont pour définir clairement les responsabilités de chacun. Un maître d’œuvre en mission complète constitue l’interlocuteur unique du client du premier rendez-vous à la remise des clés, avec des honoraires compris entre 8 et 15% du montant total des travaux.
Une mission partielle (conception seule ou suivi de chantier seul) reste possible pour les projets de moindre envergure, avec des honoraires ajustés à la réalité des prestations confiées. Dans tous les cas, la valeur ajoutée d’un maître d’œuvre se mesure à sa capacité à anticiper les problèmes techniques avant qu’ils ne deviennent des surcoûts ou des litiges pour le client.hemea+2