C’est le rêve de nombreux propriétaires qui rénovent : gommer la frontière entre le salon et le jardin, faire entrer la lumière à flots et profiter d’une ouverture totale l’été. La baie vitrée à galandage, dont les vantaux disparaissent littéralement à l’intérieur des murs, est la star incontestée des magazines déco.
Mais si elle est facile à prévoir sur une construction neuve, son installation en rénovation soulève une question technique majeure : est-ce vraiment réalisable sans reconstruire toute la maison ?
La réponse courte est : oui. La réponse réaliste est : oui, mais au prix de travaux spécifiques qu’il ne faut pas sous-estimer. Voici tout ce que vous devez savoir avant de casser votre tirelire (et votre mur).
Le principe du galandage : pourquoi est-ce complexe en réno ?
Contrairement à une baie coulissante classique où un vantail glisse devant l’autre (laissant toujours une moitié de l’ouverture fermée), le système à galandage permet aux vitres de glisser dans l’épaisseur du mur.
En rénovation, le problème est mathématique : vos murs actuels ne sont probablement pas creux. Pour installer ce système, il faut donc créer de l’espace là où il n’y en a pas.
Les 2 solutions techniques pour l’installation
Pour poser du galandage sur de l’ancien, deux scénarios s’offrent à vous :
1. La pose avec création d’une fausse cloison (Le plus courant)
C’est la solution la plus fréquente en rénovation. On ne creuse pas le mur existant, mais on vient « épaissir » le mur intérieur.
- Le principe : Le menuisier pose la baie contre le mur existant, puis un plaquiste monte une nouvelle cloison (doublage) par-dessus le mécanisme pour le cacher.
- La contrainte : Vous allez perdre de la surface habitable. Il faut compter une « sur-épaisseur » d’environ 16 à 20 cm sur tout le pan de mur concerné. C’est le prix à payer pour faire disparaître les vitres.
2. La pose en applique avec ouverture totale (Gros œuvre)
Si vous touchez à un mur porteur pour créer une ouverture là où il n’y en avait pas, vous pouvez intégrer le caisson de galandage directement dans l’épaisseur du nouveau mur si celui-ci est assez large (ex: mur en pierre très épais). C’est une solution plus rare et techniquement très lourde.
Les « pièges » techniques à anticiper
Avant de signer le devis, vérifiez ces trois points cruciaux qui sont souvent oubliés :
- L’électricité et la plomberie : C’est logique, mais on l’oublie souvent : vous ne pourrez ni passer de câbles, ni poser de prises électriques, ni fixer d’interrupteurs à l’endroit où la vitre rentre dans le mur. Il faudra repenser le plan électrique de la pièce.
- L’isolation thermique : Le caisson dans lequel rentre la vitre est un point faible thermique. En rénovation, assurez-vous que le modèle choisi possède une excellente rupture de pont thermique et une isolation renforcée au niveau du caisson (souvent appelée « isolation du refoulement »).
- Le chauffage : Adieu le radiateur sous la fenêtre ou sur le mur adjacent. Si la vitre coulisse dans le mur, vous ne pouvez rien y fixer de lourd.
Pourquoi l’appel à un professionnel est indispensable ?
Soyons clairs : poser une fenêtre standard peut être tenté par un bricoleur averti. Poser une baie à galandage en rénovation est un chantier d’expert. Voici pourquoi vous devez impérativement passer par un professionnel qualifié (RGE).
Une précision millimétrique exigée
Le galandage ne tolère pas l’à-peu-près. Si le rail n’est pas parfaitement de niveau ou si le bâti subit la moindre torsion lors du montage de la cloison, vos vantaux frotteront, se bloqueront ou ne fermeront plus. Contrairement à une fenêtre classique, corriger le tir une fois le mur refermé implique de… casser le mur.
L’étanchéité à l’air et à l’eau (le point critique)
C’est le talon d’Achille du galandage. Mal posée, cette baie devient un véritable « courant d’air » dans votre salon. Un professionnel saura gérer l’étanchéité entre le gros œuvre ancien et la nouvelle menuiserie (compribande, mastic spécifique, membrane d’étanchéité) pour garantir que votre facture de chauffage n’explose pas.
La garantie Décennale
Toucher à l’enveloppe du bâtiment et parfois à sa structure comporte des risques d’infiltrations d’eau à long terme. En passant par un pro, vous êtes couvert par sa garantie décennale. Si vous le faites vous-même et qu’un dégât des eaux survient à cause de la baie, votre assurance habitation risque de ne rien prendre en charge. De plus, être sécurisé et bien protégé est indispensable, notamment grâce à des combinaisons de travail adaptées.
On se lance ?
Installer une baie à galandage en rénovation est possible et apporte une plus-value immobilière indéniable (effet « waouh », apport de lumière, agrandissement visuel).
Cependant, ce n’est pas un simple changement de fenêtre : c’est un projet de réaménagement intérieur. Acceptez de perdre quelques centimètres de surface au sol sur un mur pour gagner une sensation d’espace infini vers l’extérieur. Le jeu en vaut souvent la chandelle !

